Le Sacré Coeur de Jésus
On ne connaît qu'avec le cœur. Le cœur est le tout de la personne, son "jardin secret" que nul ne connaît, sinon Dieu seul. C'est le cœur qui cherche Dieu : voilà pourquoi c'est dans le cœur que Dieu se laisse trouver, car Dieu habite le cœur de l'homme.
La dévotion au Sacré-Cœur est, dans son essence, aussi ancienne que l’Eglise. C’est sur le Calvaire même, que Notre Seigneur manifesta pour la première fois son divin Cœur, à travers la blessure faite à son côté sacré par la lance du soldat.
Il est étonnant de voir que le Christ ne se plaint pas tant du péché que de l’indifférence des hommes, une indifférence qui les ferme à l’offrande de Jésus sur la Croix et la rend comme inutile. C’est pour cela que le message de Paray-le-Monial contient un appel à la réparation et à la consolation du Cœur de Jésus. Réparer = aimer pour ceux qui n’aiment pas. Chaque fois que nous posons un acte d’amour, mystérieusement, c’est tous les hommes qui en reçoivent les conséquences.
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Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour propager cette dévotion, sous sa forme actuelle, s’est servi d’une humble religieuse de la Visitation
sainte Marguerite Marie (1646-1690).
Un jour de l’octave de la Fête-Dieu (juin 1675), Notre Seigneur découvrant son Cœur, lui dit :
« Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné, jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour ; et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi, dans ce Sacrement d’amour ».
Et le divin Maître confia à sa servante la mission d’enrichir le monde entier du trésor de cette dévotion.
La dévotion au Sacré Cœur de Jésus honore ce Cœur adorable, vivant dans la poitrine du Sauveur, elle l’honore comme le touchant symbole de l’amour d’un Dieu pour nous, dans l’œuvre de notre salut, et spécialement dans le Sacrement de l’Eucharistie.
La vue de ce Cœur sacré, embrasé d’amour pour les hommes, nous presse d’aimer Jésus-Christ d’une véritable affection. Témoins de l’indifférence d’un si grand nombre, nous nous efforçons, par notre amour et notre zèle, de réparer tant d’ingratitude.
Pratiques
Selon le désir du divin Maître, célébrer avec piété la fête du Sacré Cœur.— Consacrer le premier vendredi de chaque mois au Sacré Cœur, spécialement en faisant une fervente communion réparatrice ce jour-là. — Chaque matin, offrir au Cœur de Jésus les actions de la journée. — Par amour pour Notre-Seigneur, fuir le péché et lutter contre nos défauts. — Placer dans notre maison une belle image du sacré Cœur de Jésus, pour avoir part aux bénédictions promises à ceux qui lui feraient cet hommage et faire la cérémonie de l’intronisation.
Promesses
Notre Seigneur a fait les douze promesses suivantes à sainte Marguerite Marie afin d'encourager la vraie dévotion au Sacré Cœur de Jésus qui est également la dévotion au Saint-Sacrement. Ces promesses sont octroyées sur ceux qui sont prêts à faire ce que vous faites aujourd'hui: passer une heure avec Jésus dans le Saint-Sacrement régulièrement.
Je mettrai la paix dans leur famille.
Je les consolerai dans toutes leurs peines.
Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort.
Je répandrai d'abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises.
Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l'océan infini de la miséricorde.
Les âmes tièdes deviendront ferventes.
Les âmes ferventes s'élèveront à une grande perfection.
Je bénirai même les maisons où l'image de mon Cœur sera exposée et honorée.
Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis.
Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur, et il n'en sera jamais effacé.
Je te promets, dans l'excès de la miséricorde de mon Cœur, que mon amour tout puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis, neuf fois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu'ils ne mourront point dans ma disgrâce, ni sans recevoir les sacrements, et que mon Cœur se rendra leur asile assuré à cette heure dernière.
Soyez donc, ô Cœur de bonté, ma justification envers Dieu le Père, en détournant de moi les traits de sa juste colère. O Cœur d'amour ! Je mets toute ma confiance en vous, car je crains tout de ma malice et de ma faiblesse, mais j'espère tout de votre bonté. Consommez donc en moi tout ce qui peut vous déplaire ou résister ! Que votre pur amour vous imprime si avant dans mon cœur que jamais je ne puisse vous oublier, ni être séparée de vous, que je conjure, par toutes vos bontés, que mon nom soit écrit en vous, puisque je veux faire consister tout mon bonheur et toute ma gloire à vivre et à mourir en qualité de votre esclave.
CONSÉCRATION DU GENRE HUMAIN
AU SACRE-CŒUR DU CHRIST-ROI
Très doux Jésus, Rédempteur du genre humain, jetez un regard sur nous, qui sommes humblement prosternés devant votre autel. Nous sommes à vous et nous voulons être à vous ; et, afin de vous être plus étroitement unis, voici que, en ce jour, chacun de nous se consacre spontanément à votre Sacré-Cœur.
Beaucoup ne vous ont jamais connu, beaucoup ont méprisé vos commandements et vous ont renié. Miséricordieux Jésus, ayez pitié des uns et des autres, et ramenez-les tous à votre Sacré-Cœur.
Seigneur, soyez le Roi, non seulement des fidèles qui ne se sont jamais éloignés de vous, mais aussi des enfants prodigues qui vous ont abandonné ; faites qu’ils rentrent bientôt dans la maison paternelle, pour qu’ils ne périssent pas de misère et de faim. — Soyez le Roi de ceux qui vivent dans l’erreur ou que la discorde a séparés de vous ; ramenez-les au port de la vérité et à l’unité de la foi, afin que bientôt il n’y ait plus qu’un seul troupeau et qu’un seul pasteur. — Soyez le Roi de tous ceux qui sont encore égarés dans les ténèbres de l’idolâtrie ou de l’islamisme, et ne refusez pas de les attirer tous à la lumière de votre Royaume.
Regardez enfin avec miséricorde les enfants de ce peuple qui fut jadis votre préféré ; que sur eux aussi descende, mais aujourd’hui en baptême de vie et de rédemption, le Sang qu’autrefois ils appelaient sur leur têtes.
Accordez, Seigneur, à votre Eglise, une liberté sûre et sans entraves ; accordez à tous les peuples l’ordre et la paix ; faites que d’un pôle du monde à l’autre, une seule voix retentisse : « Loué soit le divin Cœur, qui nous a acquis le salut ; à Lui, gloire et honneur dans tous les siècles ». Ainsi soit-il.
ACTE DE RÉPARATION
AU SACRE-CŒUR DE JÉSUS
Très doux Jésus, vous avez répandu sur les hommes les bienfaits de votre charité, et leur ingratitude n’y répond que par l’oubli, le mépris. Nous voici donc prosternés devant votre autel, animés du désir de réparer par un hommage spécial, leur coupable indifférence et les outrages dont, de toutes parts, ils accablent votre Cœur très aimant.
Cependant, nous souvenant que nous-mêmes, nous nous sommes dans le passé rendus coupables d’une si indigne conduite, et pénétrés d’une profonde douleur, nous implorons d’abord pour nous-mêmes votre miséricorde. Nous sommes prêts à réparer, par une expiation volontaire, les fautes que nous avons commises, tout prêts aussi à expier pour ceux qui, égarés hors de la voie du salut, s’obstinent dans leur infidélité, refusant de Vous suivre, Vous, leur Pasteur et leur Chef, ou, secouant le joug si doux de votre loi, foulent aux pieds les promesses de leur baptême.
Nous voudrions expier pour tant de fautes lamentables, réparer pour chacune d’elles : désordre de la conduite, indécence des modes, scandales corrupteurs des âmes innocentes, profanations des dimanches et des fêtes, blasphèmes exécrables contre Vous et contre vos Saints, insultes à votre Vicaire et à vos prêtres, abandon et violations odieusement sacrilèges du divin Sacrement de votre amour, péchés publics enfin des nations qui se révoltent contre les droits et l’autorité de votre Église.
Que pouvons-nous effacer de notre propre sang tant d’offenses ! Du moins, pour réparer votre honneur outragé, nous vous présentons cette même satisfaction que Vous avez offerte à votre Père sur la Croix et dont Vous renouvelez l’offrande, chaque jour, sur l’autel ; nous Vous la présentons, accompagnée de toutes les satisfactions de la Très Sainte Vierge Votre Mère, des Saints, des chrétiens fidèles. Nous Vous promettons, de tout notre cœur, autant qu’il dépend de nous et avec le secours de votre grâce, de réparer nos fautes passées, celles de notre prochain, l’indifférence à l’égard d’un si grand amour, par la fermeté de notre foi, la pureté de notre vie, la docilité parfaite aux préceptes de l’Évangile, à celui surtout de la charité. Nous Vous promettons aussi de faire tous nos efforts pour Vous épargner de nouvelles offenses et pour entraîner à votre suite le plus d’âmes possible.
Agréez, nous Vous en supplions,ô très bon Jésus, par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie réparatrice, cet hommage spontané d’expiation ; gardez-nous jusqu’à la mort, inébranlablement fidèles à notre devoir et à votre service, accordez-nous ce don précieux de la persévérance qui nous conduise tous enfin à la patrie où, avec le Père et le Saint-Esprit, Vos régnez, Dieu, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
CONSÉCRATION DES FAMILLES
AU SACRÉ-CŒUR
et
INTRONISATION DU SACRÉ-CŒUR
DANS LES FAMILLES
Le Cœur de Jésus est Roi des individus, des familles, des sociétés. Il veut et doit régner par son Cœur !
Il ne règne pas dans beaucoup de cœurs qui L’ignorent ou Le méprisent, dans tant de foyers où règne l’indifférence ou le paganisme, dans nos sociétés moderne qui L’excluent ou Le persécutent.
Il faut qu’Il règne, car il n’y a pas de paix sans Lui !
Proclamons sa Royauté dans les cellules de la société : dans nos familles, par l’installation de son image à la place d’honneur, symbole sacré et permanent d’adoration, de réparation, de soumission, d’amour filial.
Famille par famille, regagnons à son amour le monde entier. Ce sera le gage infaillible et unique de la Paix, de la Joie, du Bonheur !
CÉRÉMONIAL
Acte de Consécration au Sacré-Cœur.
CONSÉCRATION DE LA FAMILLE
AU SACRÉ-CŒUR de Saint Pie X
Cœur Sacré de Jésus, Vous qui avez manifesté à sainte Marguerite Marie, le désir de régner sur les familles chrétiennes, nous venons aujourd’hui, proclamer votre Royauté la plus absolue sur la nôtre. Nous voulons vivre désormais de votre vie, nous voulons faire fleurir dans notre sein, les vertus auxquelles Vous avez promis la paix dès ici-bas, nous voulons bannir loin de nous l’esprit mondain que Vous avez maudit.
Vous régnerez sur nos intelligences par la simplicité de notre foi. Vous régnerez sur nos cœurs, par l’amour sans réserve dont ils brûleront pour Vous, et dont nous entretiendrons la flamme par la réception fréquente de la divine Eucharistie.
Daignez, ô divin Cœur, présider nos réunions, bénir nos entreprises spirituelles et temporelles, écarter nos soucis, sanctifier nos joies, soulager nos peines. Si jamais l’un ou l’autre d’entre nous avait le malheur de Vous affliger, rappelez-lui, ô Cœur de Jésus, que Vous êtes bon et miséricordieux pour le pécheur pénitent. Et quand sonnera l’heure de la séparation, quand la mort viendra jeter le deuil au milieu de nous, nous serons tous, et ceux qui partent et ceux qui restent, soumis à vos décrets éternels. Nous nous consolerons par la pensée qu’un jour viendra où toute la famille, réunie au Ciel, pourra chanter à jamais vos gloires et vos bienfaits.
Daigne le Cœur Immaculé de Marie, daigne le glorieux Patriarche Saint Joseph, Vous présenter cette consécration, et nous la rappeler tous les jours de notre vie !
Vive le Cœur de Jésus, notre Roi et notre Père.
Toute la famille répète : Vive le Cœur de Jésus, notre Roi et notre Père.
Personne ne devant manquer au foyer en un jour si solennel, à cette heure bénie, évoquons le souvenir et la présence des chers défunts de la famille, et récitons pour eux un Pater et un Ave.
Prière
( lue par le prêtre et toute la famille )
« Gloire au Sacré-Cœur de Jésus pour la miséricorde infinie dont Il a usé envers les heureux membres de ce foyer, en le choisissant entre mille autres, comme un héritage d’amour et un sanctuaire de réparation où on le dédommagera de l’ingratitude des hommes.
Quelle n’est pas, ô Seigneur Jésus ! la confusion de cette portion de votre troupeau fidèle en acceptant l’honneur insigne de Vous voir présider notre famille ! Comme elle Vous adore en silence et se réjouit de Vous voir partager sous le même toit les fatigues, les soucis et les joies innocentes de Vos enfants ! Nous ne sommes pas dignes, il est vrai que Vous entriez sous ce toit ; mais déjà Vous avez prononcé la parole qui nous rassure lorsque Vous avez révélé la beauté de Votre Cœur très saint, et nos âmes qui ont soif de Vous, ont trouvé dans la blessure de Votre côté, ô bon Jésus, les eaux vives qui jaillissent jusqu’à la vie éternelle.
Ainsi donc, contrits et confiants, nous venons nous donner à Vous qui êtes la Vie immuable. Restez au milieu de nous, ô Cœur trois fois saint, car nous sentons l’irrésistible besoin de Vous aimer et de Vous faire aimer, Vous qui êtes le buisson ardent qui doit embraser le monde pour le purifier. Oh ! oui, que cette maison soit pour Vous un asile aussi doux que celui de Béthanie, où Vous puissiez trouver le repos près des âmes aimantes qui ont choisi la meilleure part dans l’heureuse intimité de Votre Cœur ! Qu’elle soit, ô Sauveur aimé, l’humble mais hospitalier refuge de l’Egypte pendant l’exil Vous infligent vos ennemis !
Venez, Seigneur Jésus, venez, car ici, comme à Nazareth, on aime d’un tendre amour la Vierge Marie, cette douce Mère que Vous-même nous avez donnée. Venez remplir par Votre douce présence les vides que le malheur et la mort ont laissés parmi nous. O ami très fidèle, si Vous aviez été ici aux heures de la douleur et du deuil, nos larmes auraient été moins amères, nous aurions senti le baume salutaire sur ces secrètes blessures que Vous seul connaissez : venez, car voici que s’approche peut-être pour nous le soir angoissant de nos chagrins, et que décline le jour fugitif de notre jeunesse et de nos illusions. Restez avec nous, car déjà il se fait tard et le monde pervers veut nous envelopper de sombres de ses négations, alors que nous ne voulons nous attacher qu’à Vous, parce que seul Vous êtes la Voie, la Vérité et la Vie. Laissez entendre ô Jésus, ces mots des temps passés : « Il faut qu’aujourd’hui vous me donniez l’hospitalité dans cette maison » (St Luc. XIX, 5).
Oui, Seigneur, établissez ici votre séjour, pour que nous vivions de votre amour et dans votre compagnie, nous qui vous proclamons notre Roi car nous n’en voulons pas d’autre que Vous.
Aimé, béni et glorifié, soit à jamais dans ce foyer le Cœur triomphant de Jésus ! Que son règne arrive ! Ainsi soit-il. »
On récite le Salve Regina, comme hommage d’amour au Cœur Immaculé de Marie.
Puis :
Cœur Sacré de Jésus, ayez pitié de nous ! (3 fois)
Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !
Saint Joseph, priez pour nous !
Sainte Marguerite Marie, priez pour nous !
Le prêtre bénit ensuite l’assistance : Benedictio Dei omnipotenti…
Petite consécration
( à réciter chaque jour en commun )
« Cœur Sacré de Jésus, nous nous consacrons à Vous et Vous reconnaissons comme Roi et Chef de notre foyer ; bénissez notre famille, notre maison, nos entreprises ; donnez-nous d’accomplir de notre mieux tous nos devoirs ; mettez entre nous la paix et la confiance ; consolez-nous dans nos peines et faites que nous Vous aimions toujours de plus en plus !
Cœur Sacré de Jésus, que votre règne arrive !
Cœur Sacré de Jésus, nous avons confiance en Vous !
Cœur Sacré de Jésus, nous croyons à Votre amour pour nous !
Cœur Sacré de Jésus, ayez pitié de nous, sauvez-nous !"
Ce coeur est "une source intarissable", "une ardente fournaise"
"Je brûle du désir d'être aimé."
"J’ai soif, mais d’une soif si ardente d’être aimé des hommes au Saint-Sacrement, que cette soif me consume."
"Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu'à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce sacrement d’amour."
"Devant le Saint-Sacrement, je me sentais tellement appliquée, que jamais je ne m'y ennuyais. Et j'y aurais passé des jours et des nuits entières, sans boire ni manger et sans savoir ce que je faisais, sinon de me consumer en sa présence comme un cierge ardent pour lui rendre amour pour amour."
"Mon plus grand contentement est d'être devant le Saint-Sacrement où mon Coeur est comme dans son centre. Je lui dis : “Ô mon Jésus et mon Amour, prenez tout ce que j’ai et tout ce que je suis et me possédez selon l’étendue de votre bon plaisir, puisque tout ce que j’ai est à vous sans réserve. Transformez-moi tout en vous, afin que je n’aie plus de pouvoir de m’en séparer un seul moment et que je n’agisse plus que par les mouvements de votre pur amour !” . "
"Mon Coeur est si passionné d'amour et pour toi en particulier que, ne pouvant contenir les flammes de son amour, il faut qu'il les répande par tout moyen."
"Si tu le crois, tu verras la puissance de mon Cœur dans la magnificence de mon amour."
"Ne crains pas, ma fille. Je régnerai malgré mes ennemis et ceux qui souhaitent s’opposer à moi."
"Jésus-Christ se présenta à moi, tout éclatant de gloire avec ses cinq plaies, brillantes comme cinq soleils et de cette sacrée humanité sortaient des flammes de toutes parts, mais surtout de son adorable poitrine s'étant ouverte, Il me découvrit son tout aimant et tout aimable cœur, qui était la vive source de ces flammes."
"Ce divin Cœur me fut présenté environné d’une couronne d'épines, qui signifiait les piqûres que nos péchés lui faisaient, et une croix au-dessus qui signifiait que, dés les premiers instants de son Incarnation, dès lors que son Sacré Cœur fut formé, la Croix y fut plantée, dés ces premiers instants, de toutes les amertumes que lui devaient causer les humiliations, pauvreté, douleur, et mépris que la sacrée humanité devait souffrir pendant tout le cours de sa vie et en sa sainte Passion."
Je te constitue héritière de Mon Cœur
Mon divin Cœur est si passionné d’amour pour les hommes, et pour toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par tous moyens, et qu’il se manifeste à eux pour les enrichir de ses précieux trésors que je te découvre et qui contient les grâces sanctifiantes et nécessaires pour les retirer de l’abîme de la perdition : et je t’ai choisie comme un abîme d’indignité et d’ignorance pour l’accomplissement de ce grand dessein, afin que tout soit fait par moi.
Ce (ingratitudes à son Sacré Cœur) qui m’est plus sensible que tous ce que j’ai souffert pendant ma Passion, d’autant que s’ils (hommes) me rendaient quelques retours d’amour, j’estimerai peu tous ce que j’ai fait pour eux et voudrais, s’il se pouvait, en faire davantage. Mais ils n’ont que des froideurs et des rebuts pour tous mes empressements à leur faire du bien. Mais du moins, donne-moi ce plaisir de suppléer à leurs ingratitudes autant que tu en pourras être capable.
(sur la confession) Je ne demande rien tant dans ce sacrement qu’un cœur contrit et humilié qui, d’une volonté sincère de ne plus me déplaire, s’accuse sans déguisement. Et pour lors, je pardonne sans retardement, et de là, il s’ensuit un parfait amendement.
Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu'à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce sacrement d’amour. Mais ce qui m’est encore le plus sensible est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi. C’est pour cela que je te demande que le premier Vendredi d’après l’octave du Saint-Sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon Cœur, en communiant ce jour-là et en lui faisant réparation d’honneur par une amende honorable, pour réparer les indignités qu’il a reçues pendant le temps qu’il a été exposé sur les autels. Je te promets aussi que mon Cœur se dilatera pour répandre avec abondance les influences de son divin amour sur ceux qui leur rendront cet honneur et qu’ils procureront qu’il lui soit rendu.
Et une autre fois, dans un temps de carnaval, il se présenta à moi après la sainte communion, sous la forme d’un Ecce Homo, chargé de sa croix, tout couvert de plaies et de meurtrissures. Son sang adorable découlait de toute part, disant d’une voix douloureusement triste : “ N’y aura-t-il personne qui ait pitié de moi et qui veuille compatir et prendre part à ma douleur dans le pitoyable état où les pécheurs me mettent, surtout à présent. ”
Ce divin Cœur me fut présenté environné d’une couronne d’épines, qui signifiait les piqûres que nos péchés lui faisaient, et une croix au dessus qui signifiait que, dés les premiers instants de son Incarnation, dés lors que son Sacré Cœur fut formé, la Croix y fut plantée, dés ces premiers instants, de toutes les amertumes que lui devaient causer les humiliations, pauvreté, douleur, et mépris que la sacré humanité devait souffrir pendant tout le cours de sa vie et en sa sainte Passion.
"Si tu le crois, tu verras la puissance de mon Cœur dans la magnificence de mon amour." Lettre 94 du 23 février 1689 à la Mère de Saumaise, in Mgr Gauthey, Vie et œuvres de la Bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque, tome 2 : Œuvres, 3e édition, Paris, J. de Gigord, 1915, p. 426.
J’ai soif, mais d’une soif si ardente d’être aimé des hommes au Saint-Sacrement, que cette soif me consume.
Ne crains pas, ma fille. Je régnerai malgré mes ennemis et ceux qui souhaitent s’opposer à moi.
« Le Cœur de mon aimable Jésus au Très Saint-Sacrement, hors duquel il n’y a ni plaisir, ni joie, ni consolation pour moi en la vie. » Référence : Lettre 138 du 16 mai 1690 au R.P. Croiset, in Mgr Gauthey, Vie et œuvres de la Bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque, tome 2 : Œuvres, 3e édition, Paris, J. de Gigord, 1915, p. 608.
Il m’a semblé voir cet aimable Cœur comme un soleil qui jetait ses rayons de toutes parts et sur chaque cœur, mais d’une manière bien différente selon les dispositions de ceux sur lesquels ces rayons tombaient, car les âmes réprouvaient s’endurcissaient encore davantage, comme la boue s’endurcit aux rayons du soleil et, au contraire, le cœur des justes en devenait plus pur et se ramollissaient comme la cire. (Jena Ladame, La sainte de Paray, Ed Résiac, 1979, p 131)
Jésus-Christ se présenta à moi, tout éclatant de gloire avec ses cinq plaies, brillantes comme cinq soleils et de cette sacrée humanité sortaient des flammes de toutes parts, mais surtout de son adorable poitrine (...) s'étant ouverte [il] me découvrit son tout aimant et tout aimable cœur, qui était la vive source de ces flammes.
Ce fut alors qu'il me découvrit les merveilles inexplicables de son pur [amour] et jusqu'à quel excès il l'avait porté d'aimer les hommes dont il ne recevait que des ingratitudes et méconnaissances (...). Ils n'ont que des froideurs et des rebuts pour tous mes empressements à leur faire du bien. (page 180, Histoire doctrinale du culte au Cœur de Jésus, Bertrand de Margerie)
Il désire qu'en nous sanctifiant nous le glorifiions, ce Cœur tout amour, lequel a plus souffert que tout le reste de la sainte humanité de Notre Seigneur Jésus-Christ. Car, dès le moment de l'Incarnation, ce Cœur sacré a été changé en une mer d'amertume, souffrant dès ce premier instant jusque’à son dernier soupir sur la Croix. Tout ce que cette sainte humanité a souffert dans le cruel supplice de la Croix, ce divin Cœur l'a ressenti continuellement et c'est pour cela que Dieu veut qu'il soit honoré par un hommage particulier, afin que les hommes lui fassent goûter autant de joie et de plaisir par leur amour et hommage qu'ils lui ont fait sentir d'amertume et d'angoisse par leurs peines! (page 180, Histoire doctrinale du culte au Cœur de Jésus, Bertrand de Margerie)
Il m'a encore assuré qu'il prenait un singulier plaisir d'être honoré sous la figure de ce Cœur de chair, dont il voulait que l'image fût exposée en public afin de toucher le cœur insensible des hommes, me promettant qu'il répandrait avec abondance sur le cœur de tous ceux qui l'honoreront tous les trésors de grâces dont il est rempli et que, partout où cette image serait exposée pour y être singulièrement honorée, elle y attirerait toutes sortes de bénédictions. (page 189, Histoire doctrinale du culte au Cœur de Jésus, Bertrand de Margerie)
II me fit voir que l'ardent désir qu'il avait d'être aimé des hommes et de les retirer de la voie de perdition, où Satan les précipite à foule, lui avait fait former ce dessein de manifester son Cœur aux hommes, avec tous les trésors de grâce, de sanctification et de salut qu'il contenait (...). Cette dévotion était comme un dernier effort de son amour qui voulait favoriser les hommes en ces derniers siècles de cette rédemption amoureuse pour les retirer de l'empire de Satan, lequel il prétendait ruiner pour nous mettre sous la douce liberté de l'empire de son amour. (page 189, Histoire doctrinale du culte au Cœur de Jésus, Bertrand de Margerie)
Vie et Oeuvres de Sainte Marguerite Marie (Tome 2)
Écrits que la Mère Marie Françoise Saumaise fit faire à Sainte Marguerite Marie :
Me sentant de la résistance à une occasion de mortification, il me fit voir intérieurement son sacré Corps chargé de plaies, et, me montrant ce qu’il avait fait pour moi, me reprochant mon ingratitude à me surmonter pour l’amour de lui. “ Mon Dieu, comment voulez-vous que je fasse, puisque ma volonté est plus forte que moi ? ” Il me dit que, si je la mettais dans la plaie de son sacré Côté, que je n’aurais plus de peine à me surmonter. Je lui dit : “ O mon divin Sauveur, mettez-l’y si avant et l’y fermez si bien que jamais elle n’en sorte ! ” Depuis, je me sentis plus de force pour me vaincre et que rien, à l’avenir, ne me semblerait difficile.
Une fois, me plaignant à Notre-Seigneur de ce que je demeurais sans rien faire à sa sainte présence, j’entendis ce reproche intérieur : “ Si je te veux en ma présence sourde, muette et aveugle, n’en dois-tu pas être contente ? ” Je demeurai satisfaite pour cette fois.
Une veille de communion, je demandai à mon Jésus d’unir mon cœur au sien, puisque c’était là toute ma prétention. Me faisant voir par la suprême pointe de l’entendement ce beau Cœur plus éclatant qu’un soleil et d’une infinie grandeur et un petit point qui ne semblait qu’un atome et qui était tout noir et défiguré, mais que faisait tous ses efforts pour s’approcher de cette belle lumière ; mais c’était en vain si ce Cœur amoureux ne l’eût attiré lui-même, en disant : “ Abîme-toi dans ma profondeur et prends garde de n’en jamais sortir, parce que, si tu en sors, tu n’y rentreras plus. ” Et je trouve mon cœur tellement lié à l’oraison, que je suis quelquefois comme si je n’en avais plus de jouissance, et dans une paix si grande, que je n’ai d’autre inquiétude que de ne pas aimer mon Dieu et que je n’emploie pas bien mon temps en l’exercice de son amour.
Lorsque je m’éveille, il me semble trouver mon Dieu présent, auquel mon cœur s’unit comme à son principe et sa seule plénitude. C’est ce qui me donne une soif si ardente d’aller devant le Saint-Sacrement, que les moments que je demeure à m’habiller me durent des heures. Et je me sens une douleur si vive et si pressante, que je me sens liée et serrée si fortement qu’il m’est impossible d’y résister. Je m’en vais comme un malade languissante, me présenter à mon médecin tout-puissant, hors duquel je ne peux trouver de repos ni de soulagement à ma douleur, qui est au côté gauche et à la poitrine. Je me tiens à ses pieds comme une hostie vivante qui n’a d’autres désirs que de lui être immolée et sacrifiée, pour me consumer comme une holocauste dans les pures flammes de son amour, où je sens mon cœur se perdre comme dans une fournaise ardente. Il me semble que mon esprit s’éloigne de moi pour s’aller perdre dans l’immense grandeur de Dieu, sans qu’il soit à mon pouvoir de l’appliquer à mon point d’oraison ; mais seulement, il se contente de cet unique objet. Mon entendement demeure dans un aveuglement se grand, qu’il n’a aucune lumière ni connaissance que celle de ce divin Soleil de justice lui communique de temps en temps, dont je n’ai d’autre impression ni mouvement que celui de l’aimer, dont je me sens quelquefois si pressée que je voudrais donner ma vie mille fois pour lui témoigner le désir que j’ai de l’aimer. Et c’est en ce temps que j’emploie toutes mes forces pour l’embrasser, ce Bien-Aimé de mon âme ; mais ce n’est pas des bras du corps, mais des intérieurs, que sont les puissances de mon âme, qui reçoit un contentement si grand, que la mort me serait plus douce que cette séparation qui me laisse comme tout enivrée…
Mon plus grand contentement est d’être devant le Saint-Sacrement, où mon cœur est comme dans son centre. Je lui dis : “ O mon Jésus et mon Amour, prenez tout ce que j’ai et tout ce que je suis et me possédez selon l’étendue de votre bon plaisir, puisque tout ce que j’ai est à vous sans réserve. Transformez-moi tout en vous, afin que je n’aie plus de pouvoir de m’en séparer un seul moment et que je n’agisse plus que par les mouvements de votre pur amour ! ”
Comme toute ma consolation est au Saint-Sacrement, j’y passais tout le temps qui m’était libre. Notre Seigneur me pressait si fort de l’y aller trouver, que, quand je résistais, il me mettait dans un état qu’il me serait difficile d’exprimer…
Une autre fois, se présentant à moi, couvert de plaies et son Corps tout sanglant, son Cœur tout déchiré de douleurs et comme tout lassé, me prosternant à ses pieds avec une grande crainte qui s’était imprimée en moi et n’osant lui rien dire, il me dit : “ Voilà l’état où me réduit mon peuple choisit que j’avais destiné pour apaiser ma justice et il me persécute secrètement. S’il ne s’amende, je les châtierai sévèrement. Je retirerai mes justes et j’immolerai le reste à ma juste colère qui s’embrasera contre eux. ” Je ne peux dire combien cela me fit souffrir. Je lui présentai son amour souffrant, dont un des regards était capable d’apaiser son courroux.
Une autre fois, la Sainte Vierge me fit voir le Sacré Cœur de Jésus où il y avait cinq canaux qui s’écoulait avec complaisance dans cinq cœurs de cette communauté qu’il avait choisi pour les remplir de cette divine abondance. Il y en avait au dessous cinq autres qui recevaient beaucoup, mais ils laissaient couler par leur faute cette eau précieuse.
Une fois que j’accompagnais le Saint-Sacrement que l’on portait à une malade, j’aperçus cette surprenante bonté se détournant du côté où on le portait : “ Cessez de me forcer, je souffre violence ! ” Ah ! que j’aurais bien voulu que tous les assistants eussent entendu cette voix pénétrante pour s’en laisser toucher ! Elle me fit bien verser des larmes. Se présentant devant moi, il me dit : “ Laisse-moi reposer dans ton cœur pour soulager la violence que j’ai voulu souffrir par mon amour. ”
Une autre fois, il m’enseigna trois dispositions qu’il me fallait apporter en trois de mes exercices les plus importants. Le premier est la sainte messe, que je devais entendre dans la même disposition de la sainte Vierge au pied de la Croix, la priant de nous obtenir la participation des mérites du sacrifice, de la mort et passion de son divin excès de la miséricorde de mon Cœur, que mon amour tout puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis, neuf fois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu'ils ne mourront point dans ma disgrâce, ni sans recevoir les sacrements, et que mon Cœur se rendra leur asile assuré à cette heure dernière.
Un jour de fête de Cœur de la Sainte Vierge, après la sainte communion, Notre Seigneur me fit voir trois cœurs, dont celui qui était au milieu était très petit et quasi imperceptible. Les deux autres étaient tout lumineux et éclatants, dont l’un surpassait l’autre incomparablement et j’entendis ces paroles : “ C’est ainsi que mon pur amour unit ces trois cœurs pour toujours. ” Les trois n’en firent qu’un. Cette vue me dura assez longtemps, qui m’imprima des sentiments d’amour et de reconnaissance qu’il me serait difficile d’exprimer.
Une fois que l’on travaillait à un ouvrage en commun, je me retirais en un petit coin pour être plus proche du Saint-Sacrement. Mon Dieu me faisait là de très grandes grâces… J’y aperçus une multitude d’esprits bienheureux qui me dirent être destinés à honorer Jésus-Christ au très Saint-Sacrement ; et si je voulais entrer dans leur association, ils m’y recevraient, mais qu’il fallait commencer à vivre de leur vie, à quoi ils m’aideraient de tout leur pouvoir et suppléeraient à mon impuissance à lui rendre les hommages d’amour qu’il désirait de moi ; et qu’il fallait en échange que je suppléasse à l’impuissance qu’ils avaient de souffrir ; et qu’ainsi, nous unirions l’amour souffrant et l’amour jouissant. Ils me firent voir notre association écrite dans le sacré Cœur de Jésus-Christ.
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