Les 7 paroles de Jésus en croix.
" Père, pardonne-leur. Ils ne savent pas ce qu'ils font " Lc 23,34

721 Marie, la Toute Sainte Mère de Dieu, toujours Vierge est le chef-d'œuvre de la mission du Fils et de l'Esprit dans la plénitude du temps. Pour
lapremière fois dans le dessein du salut et parce que son Esprit l'a préparée, le Père trouve la Demeure où son Fils et son Esprit peuvent habiter parmi les
hommes. C'est en ce sens que la Tradition de l'Église a souvent lu en relation à Marie les plus beaux textes sur la Sagesse (cf. Pr 8, 1 - 9, 6 ; Si 24) : Marie
est chantée et représentée dans la liturgiecomme le " Trône de la Sagesse ".En elle commencent à se manifester les " merveilles de Dieu ", que l'Esprit va
accomplir dans le Christ et dans l'Église :722 L'Esprit Saint a préparé Marie par sa grâce. Il convenait que fût " pleine de grâce " la mère de Celui en qui "
habite corporellement la Plénitude de la Divinité " (Col 2, 9). Elle a été, par pure grâce, conçue sans péché comme la plus humble des créatures, la plus
capable d'accueil au Don ineffable du Tout-Puissant. C'est à juste titre que l'ange Gabriel la salue comme la " Fille de Sion " : " Réjouis-toi " (cf. So 3, 14 ;
Za 2, 14). C'est l'action de grâce de tout le Peuple de Dieu, et donc de l'Église, qu'elle fait monter vers le Père dans l'Esprit Saint en son cantique (cf. Lc 1,
46-55) alors qu'elle porte en elle le Fils éternel.723 En Marie, l'Esprit Saint réalise le dessein bienveillant du Père. C'est par l'Esprit Saint que la Vierge
conçoit et enfante le Fils de Dieu. Sa virginité devient fécondité unique par la puissance de l'Esprit et de la foi (cf. Lc 1, 26-38 ; Rm 4, 18-21 ; Ga 4, 26-
28).724 En Marie, l'Esprit Saint manifeste le Fils du Père devenu Fils de la Vierge. Elle est le Buisson ardent de la Théophanie définitive : comblée de
l'Esprit Saint, elle montre le Verbe dans l'humilité de sa chair et c'est aux Pauvres (cf. Lc 1, 15-19) et aux prémices des nations (cf. Mt 2, 11) qu'elle Le fait
connaître.725 Enfin, par Marie, l'Esprit Saint commence à mettre en communion avec le Christ les hommes " objets de l'amour bienveillant de Dieu " (cf. Lc
2, 14), et les humbles sont toujours les premiers à le recevoir : les bergers, les mages, Siméon et Anne, les époux de Cana et les premiers disciples.726
Au terme de cette mission de l'Esprit, Marie devient la " Femme ", nouvelle Eve " mère des vivants ", Mère du " Christ total " (cf. Jn 19, 25-27). C'est
comme telle qu'elle est présente avec les Douze, " d'un même cœur, assidus à la prière "(Ac 1, 14), à l'aube des " derniers temps " que l'Esprit va
inaugurer le matin de la Pentecôte avec la manifestation de l'Église.
" Aujourd'hui, tu seras avec moi dans le Paradis " Lc 23,24
"L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : "N'es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi".
Mais 'autre, le reprenant, déclara : "Tu n'as même pas la crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine ! Pour nous,
c'est justice, nous payons nos actes ; mais lui n'a rien fait de mal". Et il disait : "Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu
seras dans ton royaume". Et Jésus lui dit : "En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis". (Lc 23,
39-43).
Écoutons bien ces paroles de Jésus, il les prononce pour notre joie. Souvenons-vous, il nous a dit: "Les derniers seront
les premiers" (Mt 19, 30). Cet homme perdu qui meurt sur la croix à côté de Jésus, ce condamné à mort qui supplie
Jésus est le dernier des hommes. Il est pourtant le premier à le suivre jusqu'au bout, le premier que Jésus prend avec lui,
là où aucun apôtre n'est encore allé, ni même la Vierge Marie.
Si vous êtes sans espoir, priez le Sauveur comme cet homme et écoutez la réponse de Jésus : "Aujourd'hui, tu seras avec
moi... "
"C'est la miséricorde que je désire et non le sacrifice. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs, pour
qu'ils aient la Vie, Je suis venu rechercher ceux qui étaient perdus ", Mt 8,13.
" Femme, voici ton fils. Fils, voici ta mère ".

Et de cette heure, le disciple la prit chez lui,(Jn 19,26-27): Marie est Mère de Dieu et Mère de l'Eglise.
Incroyable tendresse de ces paroles ! A Marie dont nous ne pouvons même pas imaginer la douleur, Jésus donne un fils
pour le remplacer. Il unit sa mère à l'offrande qu'il fait de sa propre vie "pour que les hommes aient la vie" (Jn 10,10). En
cet instant, il donne à sa mère l'accomplissement de la Promesse faite à Abraham d'une descendance innombrable (Gn
15,5), il donne à sa mère ceux qu'Il a d'avance appelés ses frères et ses sœurs, ceux qui font la volonté de son Père des
Cieux" (Mt 12,50).
Jésus confie à la maternité de Marie la multitude des enfants de Dieu pour qu'elle les aime, pour qu'elle leur apprenne à
suivre le chemin de l'amour : l'amour de leurs frères, l'amour de Dieu.
"A partir de son consentement au jour de l'Annonciation, qu'elle maintint dans sa fermeté sous la Croix, la maternité de
Marie se poursuit sans interruption jusqu'à la consommation des siècles. Après son Assomption dans le ciel, son rôle ne
s'interrompt pas. Par son intercession répétée, elle, continue à nous obtenir les dons qui nous assurent notre salut
éternel". (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 969).
Comme Saint Jean, ayons une confiance totale dans notre Mère du ciel.
" Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m'as-Tu abandonné ? " Ps 22
Jésus prononce sur la Croix les premières paroles du Psaume 22 qui, loin d'être des paroles de désespoir, sont au
contraire un hymne magnifique d'espérance qui annonce la résurrection.
Lisons-le tout entier tout haut et surtout méditons-le :
"... Moi, ver et non pas homme, honte du genre humain, rebut du peuple... Ne sois pas loin de moi. Viens à mon aide ! ...
J'annoncerai Ton Nom à mes frères, en pleine assemblée, je Te louerai ! Car Tu n'as pas dédaigné la pauvreté du pauvre,
ni caché de lui Ta face, mais invoqué par lui Tu l'écoutas".
Écoutons bien dans ce cri de Jésus les voix innombrables qui se font entendre : le sang d'Abel qui crie vers Dieu (Gn
4,10), l'homme qui appelle des profondeurs (Ps 130) et Rachel qui, dans Rama, ne veut pas être consolée parce que ses
enfants ne sont plus (Mt 2,18).
Par la bouche de Jésus retentissent les cris de tous les hommes. Il porte nos souffrances, il est chargé de nos douleurs, il
a été transpercé à cause de nos crimes (Is 53,4). Mais Jésus change nos cris en prière, accomplissant la parole du
psaume qu'il entonne : "Eli, Eli, lama sabachtani ! ". Ce psaume (22), il l'achève dans un murmure.
Permettons à Jésus de prendre le cri de notre détresse et d'en faire sa prière. Faisons notre prière du cri de Jésus et
murmurons aussi avec lui la fin du psaume : "Ils loueront le Seigneur ceux qui le cherchent ".
Prenons la ferme résolution de ne jamais nous laisser décourager. Pour cela, n'abandonnons jamais le Seigneur Jésus et
restons toujours ses fidèles disciples.
Jésus dit pour que l'Écriture s'accomplisse :
"J'ai soif " Jn 19,28

Déjà, Jésus, le Fils unique du Père, avait dit à la Samaritaine "Donne-moi à boire ",(Jn 4,10). Cette soif est en fait soif
d'âmes assoiffées de Dieu, soif de salut du genre humain, soif de l'amour des hommes, en retour de l'Amour qu'Il est venu
leur apporter. Mais les hommes vont l'abreuver, lui qui les nourrît tant de fois, de vinaigre mêlé de fiel !
Jésus a parfaitement accompli la volonté de son Père. Il prononce cette parole : "J'ai soif pour que s'accomplisse
l'Ecriture. Aux disciples qui se disputaient par ambition, il a demandé: "Pouvez-vous boire la coupe que je vais
boire ?" (Mc 10,38). Jésus veut jusqu'au bout donner au sacrifice de sa vie la parfaite splendeur d'une offrande liturgique.
Il boit la dernière coupe de la célébration de sa Pâque, cette dernière coupe sur laquelle, le Jeudi Saint, il a prononcé
cette bénédiction : "Prenez et buvez-en tous ; ceci est la coupe de mon Sang, le Sang de l'Alliance nouvelle et éternelle,
qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés." (Mc 14,24).
Lorsque les soldats présentent à sa bouche l'éponge imbibée de vinaigre au bout d'une branche d'hysope, Jésus le sait :
maintenant tout est accompli.
Comment ne pas penser à ce que Jésus dira à Sainte Marguerite-Marie : "Voici ce Coeur qui a tant aimé les hommes et
qui n'en a reçu qu'ingratitudes et outrages. Toi, tâche de me consoler !".
Oui, efforçons-nous de consoler le Coeur de Jésus par un amour fidèle, obéissant, missionnaire et inventif.
" Tout est accompli " Jn 19,30

Celui qui achève son ouvrage conclut : "Je l'ai achevé" ou bien "j'ai fini mon travail" ; puis il s'en va à ses occupations.
Jésus, lui, dit d'un seul souffle : "C'est accompli". L'œuvre et l'Ouvrier ne font qu'un. L'œuvre, c'est le salut donné par
Dieu. L'Ouvrier, c'est le Sauveur, Fils de Dieu.
Jésus illustre ainsi le mystère de l'amour que Dieu nous porte : nous aimer jusqu'au bout et nous donner la vie des enfants
de Dieu, aimés du Père.
Parole sublime, Parole divine : "Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père et d'accomplir Son œuvre ",(Jn 4,34).
Tout ce que Moïse et les prophètes ont annoncé à son sujet est accompli. La Révélation qu'Il est venu apporter aux
hommes s'achève. Sa Mission est terminée.
Alors "Jésus baissa la tête et remit son esprit ". Comme l'enseigne l'Église, le dernier soupir de Jésus prélude à l'effusion
de l'Esprit à la Pentecôte.
" Père, entre Tes mains, je remets mon esprit " Lc 23,46

Ne cherchons pas à entendre ce grand cri. Écoutons plutôt Jésus. Il s'adresse à son Père et il nous parle. Son cri se fait
prière murmurée afin que nous puissions dire à notre tour : "Père, en tes mains. je remets mon esprit".
Nous pouvons, habités par l'Esprit de Jésus, achever sa prière :
"C'est toi qui me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.
Pour moi, je suis sûr du Seigneur :
Que j'exulte et jubile en ton amour...
Fais resplendir ta Face sur ton serviteur, sauve-moi par ton amour...
Qu'elle est grande, Seigneur, ta bonté ! ...
Tu la dispenses à qui te prend pour abri...
Béni soit le Seigneur qui fait pour moi des merveilles d'amour !
Et moi je disais en mon trouble :
"Je suis enlevé loin de tes yeux !"
Pourtant, tu écoutas la voix de ma prière quand je criai vers toi...
Courage, reprenez cœur, vous tous qui espérez le Seigneur !".
C'est la belle prière que le Psaume 31,6 , met dans la bouche de David, que le juif et le chrétien - tel Etienne dans les
Actes 7,59 - doivent prononcer lorsqu'ils passent de cette vie terrestre à la vie éternelle : "Père en Tes mains, je remets
mon esprit, c'est Toi qui me rachètes, Seigneur ".
Prions avec ferveur pour que Dieu notre Père, par les mérites de Jésus Christ, nous fasse Miséricorde !
d'après la méditation du Cardinal Lustiger,publiée dans PARIS NOTRE-DAME du 28 mars 2002.